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  • Photo du rédacteurEmilie RIBO

Et si un simple outil pouvait nous aider à désamorcer les conflits ?

Le psychologue clinicien, homme de paix et fondateur du Centre pour la Communication NonViolente, Marshall B. Rosenberg, nous livre ici les clés d'une communication de qualité avec les autres, compétences des plus précieuses tant pour sa vie personnelle que professionnelle.




Parce-que la question des incompréhensions voire des conflits relationnels revient très régulièrement dans mes accompagnements, j'ai décidé aujourd'hui d'aborder cet outil qu'est la Communication Non Violente (CNV), et plus que l'outil de vous présenter l'approche et l'état d'esprit à développer pour nourrir des relations saines et apaisées.


Selon Marshall B. Rosenberg, "La CNV repose sur une pratique du langage qui renforce notre aptitude à conserver nos qualités de coeur, même dans des conditions éprouvantes. Elle n'innove pas, et tous ses principes sont connus depuis des siècles. Son objectif est de nous rappeler ce qui fait la valeur profonde des interactions humaines, et de nous aider à les vivre avec cette conscience."


Pourquoi alors avons-nous (tant) besoin de nous ré-approprier cette approche connue de tout temps ?


Peut-être parce-que notre société actuelle ne nous encourage pas à exprimer nos sentiments, voire même nous déconseille de le faire. Je pense à l'adulte qui conseillera au petit garçon de ne pas pleurer ou à la petite fille de ne pas se mettre en colère, ou encore au manager qui demandera à ses collaborateurs de "sauver la face" ou de "rester pro".


Dans ces circonstances, comment alors entrer sincèrement en relation avec autrui si nous avons intégré le fait de masquer une partie de nous, facette considérée comme non désirables aux yeux de la société ?


Bien plus que la simple identification de nos émotions, la CNV nous invite à considérer avec attention la manière dont nous nous exprimons et celle dont nous entendons l'autre. Elle suscite des qualités d'écoute, de respect et d'empathie, et fait naître un courant de bienveillance réciproque.


La CNV ne se limite pas à un langage ou à une technique de verbalisation.

Elle repose sur une prise de conscience et sur une intention qui peuvent être exprimées, tour à tour, par des silences, une qualité de présence et d'écoute ou encore par l'expression du visage ou la gestuelle.

Et plus encore, la CNV nous permet de renouer avec notre responsabilité personnelle vis-à-vis de NOS actes, pensées, sentiments, besoins et demandes.


La CNV repose sur deux étapes successives :

  1. exprimer notre sincérité en utilisant les 4 composantes OSBD détaillés ci-après (nous nous exprimons uniquement avec le "je")

  2. écouter avec empathie en utilisant ces mêmes 4 composantes (nous cherchons à accompagner notre interlocuteur.rice à clarifier via la re-formulation "si je comprends bien, tu ...")

  3. ré-itérer ces deux étapes jusqu'à atteindre une phase d'apaisement où le compromis sera possible


Bien plus qu'un outil, la CNV est une manière d'entrer en relation avec autrui en engageant sa responsabilité.

En effet, ci-dessous trois concepts qui illustrent et éclairent cette notion de responsabilité, à travers l'outil OSBD :


- c'est la conscience des trois premiers éléments (Observations, Sentiments et Besoins) et donc la conscience de nous-même qui nous permet de nous exprimer clairement et sincèrement


- c'est le fait de nous concentrer sur ces quatre étapes (OSBD), et d'aider l'autre à en faire de même, qui nous permet d'établir un courant de communication bienveillant avec autrui


- c'est l'expression de nos propres besoins et sentiments que nous traduisons dans l'analyse que nous faisons d'autrui

Ex : "il est impossible de discuter avec toi" -> J'ai besoin de pouvoir exprimer mon point de vue


C'est l'appropriation de ces concepts qui permettra l'usage de la CNV sans violence ni revendication.

Ainsi, une fois l'approche conceptuelle intégrée, la magie de la pratique peut opérer ! Voici les quatre étapes de la CNV, aussi appelées OSBD, à suivre dans cet ordre précis :

  1. Observations : j'observe un comportement concret qui affect mon bien-être

Qu'est-ce qui, dans les paroles ou dans les actes d'autrui, contribue ou non à notre bien-être ?

L'objectif ici est de savoir énoncer ces observations sans y mêler de jugement ou d'évaluation

Ex : Ce matin, nous avions rdv à 9h et tu es arrivé.e à 9h20.

  1. Sentiments : je réagis à ce comportement par un sentiment

Qu'est-ce que nous ressentons en présence de ces faits ?

L'objectif ici est de savoir énoncer ce sentiment sans y mêler d'appréciation.

Ex : Cela m'a angoissé de prendre du retard sur le déroulé de ma journée.

  1. Besoins : je cerne les besoins ou valeurs qui ont éveillé ce sentiment

Quel besoin n'a pas été nourri ou quelle valeur a été heurtée par les paroles ou les actes d'autrui ?

L'objectif ici est de savoir préciser les besoins à l'origine de ces sentiments (cf mon précédent article sur la relation émotion/besoin)

Ex : J'accorde de l'importance au respect des horaires et à la ponctualité.

  1. Demande : je demande à l'autre des actions concrètes, qui contribueront à mon bien-être

Quelle demande concrète et formulée de manière positive pourrait nous aider à nourrir ce besoin ?

L'objectif ici est de savoir préciser les actions concrètes que j'aimerais voir sans que cela ne soit une exigence.

Ex : Serais-tu d'accord de me prévenir 30 minutes en amont de nos rdv si tu penses être en retard ?


Selon le philosophe indien J. Krishnamurti, observer sans évaluer serait la plus haute forme d'intelligence humaine.

Comme vous le savez certainement maintenant, mon objectif est toujours de vous partager des conseils et clés d'appropriation pour la mise en pratique de concept partagé, les voici donc pour l'outil OSBD :


- Lors de la phase d'observation, veiller à ne pas avoir recours à des jugements moralisateurs envers l'autre ou de lui coller une étiquette de type, "Le problème avec toi c'est..." ou encore "Tu es toujours..." ni à des comparaisons.

- Pour faciliter la phase d'émotions, il peut être judicieux d'effectuer un travail d'introspection et d'enrichir notre vocabulaire des émotions au-delà de celles dîtes "primaires" : tristesse, joie, peur et colère.

- La troisième phase, celle de l'expression du besoin, est directement alimentée par l'identification du besoin non nourri associé à la dite émotion, et d'une connaissance de soi et de son système de valeurs.

- La demande, quant à elle, doit être formulée de sorte à respecter les critères suivants : réalisable, concrète, précise, formulée de manière positive, et idéalement réalisable dans l'instant présent.

- Les premiers essais méritent un travail de préparation et de vigilance pour ne pas tomber dans les travers de jugement, d'évaluation, d'exigence etc.

- C'est la pratique qui rendra l'outil de plus en plus simple et facile à utiliser, et cela dans tous les domaines de vie, professionnel, amical, familiale, associatif, amoureux....

- Enfin, pour une pleine communication de qualité avec autrui, il est nécessaire d'utiliser l'outil OSBD, non pas uniquement pour soi, mais également pour aider autrui à exprimer ses émotions et besoins.



Et vous, où en êtes-vous sur ce chemin? Avez-vous identifié des situations conflictuelles ou noeuds relationnels ? Sont-ils davantage présents dans un domaine de vie plutôt qu'un autre ? Avez-vous clairement identifié votre part de responsabilité dans ces situations ?


Commentez, Partagez, et Prenez le temps de VOUS découvrir.

Pour en savoir plus, en discuter ensemble ou être accompagné.e sur ce chemin, contactez-moi :)

Et si vous souhaitez creuser la question des émotions, mon précédent article sur le sujet :)


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